Santé

Une ordonnance pour vos loisirs? On dit oui!

Gauche: Femme qui fait du jardinage; Droite : Stétoscope

Des séances de jardinage prescrites par votre médecin ? C’est possible ! C’est ce qu’on appelle la prescription sociale (« social prescribing » en anglais). Un concept tout droit venu d’Outre-Manche qui permet aux médecins de prescrire du jardinage ou l’inscription à un cercle de lecture.

Qu’est-ce que le « social prescribing » ?

Déjà pratiqué au Royaume-Uni depuis les années 1990, le social prescribing y était initialement utilisée pour soutenir les personnes souffrant de troubles physiques ou psychiques pendant leur traitement médicamenteux. L’objectif est simple : lutter contre l’isolement social qui renforce les problèmes de santé. Selon le National Social Life, Health, and Aging Project (NSHAP) en 2017, on constate une augmentation statistiquement significative de la douleur, de l’insomnie, de la dépression et de l’anxiété avec l’augmentation de la solitude. On observe également une augmentation de la prise de médicaments. En particulier, l’usage des anti-inflammatoires non stéroïdiens, des benzodiazépines, des anxiolytiques/sédatifs et des antidépresseurs. Pour réduire ces chiffres, l’abus potentiel des médicaments et pour améliorer la vie des patients, le service national de santé a mise en place des centres de prescription sociale.

Au fil des années, le Royaume-Uni a crée plus de 100 centres de prescription sociale. Ensemble, ils proposent un large éventail de thérapies dans les domaines du bénévolat et des activités créatives. La prescription sociale est de plus en plus prescrite contre la solitude. Avant, c’était une forme de thérapie de soutien pour les patients qui ne répondaient pas au reste.

Des résultats approuvés par les scientifiques et appréciés des patients

De preuves démontrent les résultats positifs en matière de santé et de bien-être pour les patients qui ont accédé à la communauté par le biais de la prescription sociale. Parmi eux, on note une amélioration de la qualité de vie, un bien-être émotionnel positif et la promotion de l’autonomie. En outre, on a constaté que le sentiment d’appartenance dû à la participation à un groupe communautaire réduit l’anxiété et la solitude. En moyenne, il y avait également une réduction de 28% de la demande de services de médecins généralistes après l’aiguillage.

Une partie des médecins sont en faveur du développement de la prescription sociale. Ils peuvent ainsi libérer du temps pour les patients qui ont le plus besoin de soins, et réduire leur charge de travail élevée.

Cependant, il y a encore des freins par rapport à ces méthodes non traditionnelles. De nouvelles études sur le succès de cette méthode alternative pourraient contribuer à renforcer la confiance.

What about now? (comme on dit là-bas)

Aujourd’hui, généralement toute personne au Royaume-Uni peut être éligible à la prescription sociale. En 2018, l’ancien première ministère du Royaume-Uni, Theresa May, avait déclaré qu’elle souhaitait une prescription sociale universelle d’ici 2023. Celle-ci devrait être un élément clé du plan décennal du National Health System (NHS). Dans la première campagne contre la solitude, un montant supplémentaire de 1,8 million de livre sterling (plus de 2 millions d’euros) pour des projets communautaires, tels que la création de nouveaux cafés communautaires, d’espaces artistiques ou de jardins sera fourni. Le NHS va recruter au moins 1000 travailleurs de liaison (link workers) dans les réseaux de soins primaires, de sorte qu’au moins 900 000 personnes s’orientent vers la prescription sociale d’ici 2023/24.

Un autre aspect est couvert par la prescription sociale. Il est prouvé qu’elle peut aider les migrants à accéder aux services de soins de santé classiques par le biais d’une aide à la langue et à la communication interculturelle. Autres resultats l’amélioration de l’estime de soi, de la confiance, de l’autonomisation et de la connectivité sociale.

Qu’en est-il du reste du monde?

Le Royaume-Uni reste un pionnier dans l’utilisation généralisée de cette forme alternative de thérapie. Des projets pilotes démarrent également dans d’autres pays. Ils pourraient avoir tendance à se développer de manière tout aussi positive.

Au Canada, le Musée des beaux-arts de Montréal permet aux médecins d’attribuer jusqu’à 50 « prescriptions muséales » au cours d’une année. Ces pass offre la gratuité pour une visite d’un maximum de deux adultes et deux enfants. C’est la première initiative au monde à associer musée et prescription de santé.

Aux Pays-Bas, la prescription sociale est actuellement uniquement possible pour les patients avec des problèmes psychosociaux. Mais les professionnels de la médecine aimeraient bien voir son utilisation s’étendre à d’autres domaines. Le système néerlandais s’inscrit dans le même esprit qu’au Royaume-Uni : une intervention médicamenteuse aussi réduite que possible. Il n’est donc pas étonnant que la forme sociale de la thérapie soit également arrivée ici.

La méthode de traitement est également arrivée au Japon. Aucun programme formel à date mais l’intérêt est croissant. Diverses initiatives émergent même avec une vision similaire.

France

En une phrase : le Social Prescribing n’existe. Il semble cependant relativement facile à reproduire, comme l’ont constaté les pays l’ayant implémenté. Les acteurs du monde associatif, de l’ESS, de la santé et secteur publique doivent s’asseoir pour établir un plan commun. Des modes d’évaluation innovants devront être réfléchis pour démontrer les effets. Il reste à voir comment – ou plutôt quand – le concept arrivera en France. Granny & Charly s’est déjà emparé du sujet et propose des services pour lutter contre la solitude.


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